NUIT

 

 

L’été l ’été est-ce la nuit

Etoiles et lucioles. Lune soufrée.

L’eau dort et la douceur des choses n’est pas si certaine.

Les ombres sont ambiguës sous vos pas mes sœurs ô mes sœurs improbables qui dansez nues à vos fêtes secrètes

Les ombres sont ambiguës et vos corps de lumière ont des éclats de beauté cruelle

 

 

AUBE

Danseuses fugaces et saugrenues

Traverseuses matinales de rivières

Arpenteuses nues de prairies non prouvées

Filles du miroir et de l’attente éblouies de patience à la pointe de l’aube

Aiguës comme un premier amour

Nues comme des enfants nus mes coureuses de nuit l’aube est venue

 

 

 

 

ERRANCES

Vert. Le vert profond des eaux oublieuses de la mémoire.

Elles glissent blanches et nues de lisière en vallon entendez vous ces tambours dans la colline. Un écho assourdi d’inquiétudes anciennes ou bien une espérance ?

L’été n’en finit pas il faudra bien qu’il finisse et qui s’en souviendra, il faudra bien qu’il finisse et qui pourra l’oublier ?

 

 

FORÊT

Et s’il y avait du vrai dans ces histoires de peur et d’émois, s’il y avait du vrai dans ces légendes de délices interdites et de glissements progressifs de l’innocence. On dit qu’elles sont très calmes et qu’elles vous appellent, on dit qu’elles sont très douces et que vous ne reviendrez pas. On dit qu’elles sont très belles et que vos enfants inconnus joueront dans les clairières et sauront tout à propos des renards et des myrtilles et des approches furtives. Des évidences de l’amour joyeux. Des douceurs de l’amour compliqué.

Ils seront maîtres aussi du silence de l’aube et familiers des complots de la nuit.

Vos épouses aux lèvres serrées seront très veuves et les plus grands rois ne seront pas vos cousins.

Seulement s’il y a du vrai dans ces histoires difficiles à croire et faciles à oublier. À moins que ce ne soit le contraire.

DANSES

 

Charme. Le dire très fort sous les arbres. De préférence à l’heure où les corbeaux s’envolent.

Puis écouter les fuites et les chuchotements, deviner les danses imprévues, affuter sa patience, déployer tous les sortilèges de la lenteur.

 

 

 

 

CHANSON

Le temps sa course vous trahit

Et vos amours mal oubliées

Se réveillent blessures anciennes

Quand vous effleurent au printemps

 Les toutes belles à la peau rousse

Qui sourient en vous regardant

Et puis s’éloignent sur la mousse

Et puis s’éloignent en dansant

Nues sur la mousse gris d’argent

Comme leurs yeux de ciel changeant

Les espiègles les malicieuses

Dont le cœur est indifférent

Le temps sa course vous trahit

Et c’est toujours la même antienne

De ces amours mal oubliées

Dont vous ne saviez plus autant

Combien elles étaient délicieuses

En ces temps odoriférants

Où la rose et les tubéreuses

C’étaient la peau et les cheveux

De votre amour de votre amour

Et la glycine et le lilas

Vous faisaient trembler les genoux

Ce n’est plus vous ce n’est plus nous

Et la belle au cœur différent

Qui danse nue devant le houx

Entourée de tous ses enfants

Oubliez la c’est plus prudent