Depuis qu’il existe, depuis qu’il a su se tenir debout, l’homme marche. Pour cueillir, pour chasser, pour aller voir comment c’est un peu plus loin. En petits groupes, en familles, en hordes, l’espèce humaine a conquis la planète en marchant. Où que vous soyez, regardez : des gens sont passés par là. Insouciants ou désespérés, le cœur joyeux ou tremblant de terreur, allant à la fête ou fuyant les massacres. Ou simplement occupés à leurs affaires.

C’est ce que j’ai voulu photographier. À l’opposé du reportage. Sans anecdotes, sans repères, sans autre identité que : humains. Depuis la nuit des temps cette forme humaine. Cette silhouette absurde. Redoutable plus que quiconque. Touchante ou désirable plus que toute autre. Ces hommes, ces femmes, ces enfants, de la naissance à la mort arpentant la planète (avec ou sans papiers) en essayant d’oublier que tout çà finira mal. Et parfois l’oubliant. Et souvent en train de finir mal.

Mais il arrive aussi qu’on aille danser. Ou se baigner. Ou voir brûler une sorcière.

Il y a de bons moments.